
REP Emballages Professionnels : la filière est lancée. Voici comment réussir votre première déclaration sans surpayer
Par Damien RISO – 01/07/2026
Depuis le 1er juillet 2026, la REP Emballages Professionnels (EPRO) est opérationnelle. Les trois éco-organismes agréés — Citeo Pro, Léko Pro et Twiice — reçoivent les adhésions. Des dizaines de milliers d’entreprises découvrent concrètement ce que cette nouvelle obligation implique pour elles.
Pour beaucoup, la priorité a été de choisir un éco-organisme et d’adhérer. C’est nécessaire. Ce n’est pas suffisant.
La vraie question est maintenant posée : ma première déclaration sera-t-elle juste ?
Ce que la première déclaration provisionnelle engage réellement
Au moment de l’adhésion, chaque entreprise transmet une déclaration provisionnelle de ses mises sur le marché pour le second semestre 2026, établie sur la base de ses volumes 2025. Cette déclaration détermine le montant des éco-contributions versées à court terme.
La déclaration au réel — celle qui régularisera les volumes effectivement mis sur le marché au second semestre 2026 — interviendra en janvier-février 2027.
L’intervalle entre les deux est une fenêtre d’action. Les entreprises qui l’utilisent pour fiabiliser leurs données et cartographier leurs flux réduiront leur contribution finale. Celles qui ne le font pas paieront sur la base de données approximatives — et les éco-organismes n’ont aucune obligation de les en informer.
Les trois sources de surcoût les plus fréquentes
1. Le périmètre mal délimité
La distinction entre emballages ménagers et emballages professionnels ne repose plus sur le canal de distribution mais sur des critères techniques stricts fixés par l’Arrêté du 2 décembre 2025 : type d’emballage, seuils de poids et de volume. Une entreprise qui n’a pas requalifié ses flux selon ces nouveaux critères s’expose à déclarer dans les deux filières simultanément — et donc à payer deux fois pour les mêmes emballages.
Sont également exclus du périmètre EPRO les emballages déjà couverts par d’autres filières REP spécifiques (PMCB, DDS, ADIVALOR…). Toute déclaration portant sur ces flux constitue une sur-déclaration.
2. Les données théoriques et les habitudes déclaratives héritées
C’est la source de surcoût la plus répandue, et la moins visible. Les entreprises qui déclarent sur la base de poids théoriques (données issues des fiches techniques fournisseurs, calculées sur des emballages neufs) plutôt que de poids réels incluent systématiquement des marges de sécurité que les fabricants intègrent dans leurs spécifications. La différence peut représenter plusieurs points de pourcentage sur l’assiette déclarative.
Les entreprises qui reproduisent les pratiques déclaratives de leurs prédécesseurs ou de leurs prestataires logistiques sans les avoir auditées reproduisent également leurs erreurs — et parfois leurs sur-déclarations historiques.
3. Les éco-modulations mal exploitées
Les barèmes EPRO intègrent des mécanismes de bonus/malus liés à l’éco-conception des emballages : recyclabilité, incorporation de matière recyclée, réduction à la source, recours au réemploi. Ces modulations s’appliquent par catégorie de matériau.
Les entreprises qui n’ont pas cartographié leurs flux par matériau et par catégorie se voient appliquer les malus par défaut. Les bonus, eux, ne s’appliquent pas automatiquement : ils doivent être revendiqués avec les justificatifs appropriés.
La fenêtre d’action : maintenant jusqu’en décembre 2026
La régularisation de janvier-février 2027 est la première occasion de corriger le tir. Mais le travail de fiabilisation des données doit être engagé maintenant, sur les flux du second semestre 2026 en cours.
Les actions prioritaires à mener dans les prochains mois :
Sur le périmètre — Requalifier chaque catégorie d’emballage selon les critères de l’Arrêté du 2 décembre 2025. Identifier les flux relevant d’autres filières REP et les exclure de l’assiette EPRO.
Sur les données — Substituer les données théoriques par des données de poids et d’unités réels, mesurés sur les flux effectifs. Mettre en place un processus de collecte des données déclaratives adapté aux nouvelles catégories professionnelles.
Sur les éco-modulations — Cartographier les flux par matériau. Rassembler les justificatifs d’éco-conception disponibles (certifications matériaux, taux d’incorporation de recyclé, données de recyclabilité) pour activer les bonus applicables dès la déclaration au réel.
Ce que révèle systématiquement un audit déclaratif
Dans notre pratique d’accompagnement des ETI et grandes entreprises sur les filières REP, le même constat revient : les premières déclarations sont rarement optimisées. Non pas par négligence, mais parce que les équipes internes manquent de visibilité sur les critères techniques, les seuils et les mécanismes de modulation — des sujets que les éco-organismes n’ont pas vocation à approfondir avec leurs adhérents.
Un audit déclaratif conduit par un expert indépendant identifie systématiquement des marges d’optimisation. Sur l’EPRO, compte tenu de la nouveauté de la filière et de la complexité des critères de classification, ces marges sont vraisemblablement supérieures à ce qu’on observe sur les filières matures.
Vous venez d’adhérer — ou vous n’avez pas encore agi
Dans les deux cas, il est encore temps d’agir avant la déclaration au réel de janvier 2027.
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